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Octobre 2005 à Mau (Inde)




Ayant servi à l’élaboration de ce compte-rendu, on dispose d’un nombre conséquent d’articles en comparaison d’autres à propos de l’Inde : mais la plupart ne porte pas sur les faits principalement, plutôt sur les rôles et réactions des gestionnaires, dans le cours du déroulement des faits et après coup, ou sont consacrés à leur interprétation, pour valider en général leur dimension « communautaire ». De façon plus minoritaire, d’autres observateurs envisagent autrement cette dimension : ils ne la réfutent pas, mais ils condamnent ceux qui s’appuient dessus pour opposer les communautés, militant au contraire pour un mode de gestion qui assurerait l’égale reconnaissance de toutes les communautés, majoritaire et minoritaires – ce sont deux rapports rédigés par des membres de la même ONG basée à Lucknow, Saajhi Dunyia (05-10-29 - CounterCurrents -- Communal Riot in Mau: A Report ; 05-11 - Saajhi Duniya – An Exclusive Citizens Report, et un article publié par The Milli Gazette (05-11-27 - The Milli Gazette -- Subhashini's report on Mau riots).

 
Mau (qui porte aussi un autre nom : Maunathbhanjan) est une ville moyenne de l’Etat d’Uttar Pradesh, au nord de l’Inde. Située à environ 300 km à l'est de Lucknow, capitale de cet Etat, la ville de Mau compte autour de 360 000 habitants, auxquels on peut en ajouter presque 1,5 millions si on considère ses alentours, sa périphérie « semi-rurale ». L’essentiel de l’activité laborieuse est le tissage, menée en majorité par des membres de la communauté musulmane (moins de 20 % de la population). Dès les premiers articles consacrés aux faits de la mi-octobre 2005, puis par ceux, plus amples, qui sont publiés dans les semaines qui suivent, Mau est définie en tant que « communally-sensitive town », « close to the flashpoint town of Ayodhya, where the razing of a mosque in late 1992 by Hindu zealots sparked nationwide religious riots that killed 3,000. » Cette caractéristique est d’emblée annoncée car ce qui commence le jeudi 13 octobre est lié à des célébrations religieuses, et au différend qu’elles provoquent entre personnes des deux confessions, hindoue et musulmane.

Ce jour-là, à l’occasion de la fête hindoue de Dussehra, on célèbre « Bharat Milap ». Hasard de cette année 2005, cette célébration coïncide avec le ramadan. Pour couronner le tout, rassemblement et procession hindous se déroulent à proximité d’une mosquée. L’usage de haut-parleurs dérange la prière musulmane. Certains manifestent leur mécontentement, les haut-parleurs se taisent avant de se faire entendre à nouveau. Des « jeunes » les débranchent, des flics arrêtent les « jeunes ». D’autres personnes se rendent au commissariat où on les emmène, et obtiennent leur libération. De leur côté, les organisateurs de la fête hindoue et des responsables du BJP décident de la reporter.

Le lendemain, une manifestation est organisée à l’initiative de militants hindouistes, appartenant notamment à l’organisation Hindu yuva vahini, contre le report de la fête, pour dénoncer la lâcheté de ceux qui l’ont décidé. Ils bloquent une route proche de la mosquée de la veille. De nouveau la prière musulmane serait perturbée, des « slogans provocateurs » sont criés. Ca s’échauffe sérieusement, des flics menaceraient d’intervenir, mais ce sont surtout des manifestants et des habitants qui commencent à s’affronter, les premières pierres sont jetées. On sort une arme du côté des militants hindouistes, plusieurs personnes sont blessées : « In fact, violence started from this incident ». Identifiés comme musulmans, les blessés sont transportés à travers d’autres quartiers, à la vue d’autres musulmans ; s’ensuivent les premiers incendies et pillages, qui vont s’étendre à plusieurs quartiers, aux alentours de Mau, à d’autres villes ou villages, et ce pendant au moins 3 jours, jusqu’au dimanche 16 octobre. A quelques exceptions près, on ne peut pas dire avec exactitude quel jour quelles destructions ont lieu, en voici la liste : les premiers pillages et destructions du vendredi visent des commerces, puis d’autres commerces encore, un hôpital, un grand complexe marchand, une usine, de nombreux véhicules ; « Rioters burned down a school and a branch of Oriental bank on Saturday night. Property worth millions has been either looted or destroyed in the communal violence », une mosquée est caillassée ce même jour, aux abords de la gare qui est ensuite prise pour cible ; sans doute le dimanche, qui semble être le jour important de l'extension au-delà de Mau, une attaque est lancée contre une « colonie » de tisserands dont une centaine de maisons sont pillées et brûlées, l'ensemble des métiers à tisser dévasté, deux mosquées visées (un total de 8 sera finalement décompté) ; d’autres destructions et pillages sont rapportés contre des « mobile oil stores », des brocantes, un magasin d’appareils mécaniques, « Airlite machinery near old governement hospital », une « dying factory », d’autres commerces, deux à quatre écoles, une station-service, encore une quinzaine de fabriques, une vingtaine de maisons, la propriété d’un leader du PCI (Parti communiste indien), d’autres commerces ailleurs qu’à Mau même (parmi ces autres lieux d’émeutes : Tajpur, Salempur, Ratanpura, Alinagar, Ranveerpura, « trisection » entre Bhiti et Azamgarh, Matlupur, route entre Varanasi et Gorakhpur ; les trois premiers semblant se situer dans un rayon de cinquante kilomètres autour de Mau ; on trouve aussi un Alinagar à environ 92 km mais peut-être qu’il s’agit plutôt d’un quartier de Mau) ; le lundi 17, où la circulation des trains est suspendue à Mau, des commerces sont incendiés à Ballia, d’autres à Ghazipur (sans doute dans des proportions moindres que les jours précédents), et « Arsonists torched houses and shops in a locality in Bahraich, while the police opened fire to disperse violent mobs over alleged booth capturing in Basti town. »
          
Dans leur deuxième rapport, les rédacteurs de Saajhi Dunyia décomptent un total de 300 commerces, le même nombre de maisons, et 150 à 200 métiers à tisser détruits ou pillés lors des émeutes de Mau.

Quant aux nombres de morts et de blessés, on oscille officiellement entre 7 et 9 pour les premiers (le deuxième rapport de Saajhi Dunyia en situe 2 le vendredi, 2 le samedi, et 4 le dimanche), et 25 à une quarantaine pour les seconds (dont 7 à 8 flics). Mais des bilans officieux doublent au moins l'estimation des morts, et il se peut que celle des blessés soit fortement en deçà de la vérité.

Entre le vendredi 13 et la semaine qui suit, 442 personnes, voire plus de 500, sont arrêtées.
    
A compter du lundi 17 octobre, les gestionnaires communiquent sur un retour au calme, qui va pourtant tarder à se réaliser, puisque après plusieurs jours de suspensions très partielles à partir du 19 octobre, le couvre-feu mis en place le vendredi 14 est levé pour la journée entière et dans l’ensemble du district à partir du 31 octobre, il reste en vigueur la nuit jusqu’au 17 novembre. Comme preuves de la tension en pointillés qui persiste, le jeudi 20 octobre 4 « jeunes » « trying to create disturbance in Kasimpura locality » sont arrêtés, et 2 commerces incendiés dans la zone de Ahaldadpura ; le 8 novembre, tandis que deux groupes se caillassent, un bâtiment est incendié par des « undentified persons », le lendemain c’est un commerce qui est visé par des « members of the rival community » ; une mosquée est incendiée le dimanche 13 ; le mardi 15, en deux endroits distincts, on rapporte « some incidents of arson and stone-pelting » : on tente d’incendier une maison, tandis qu’une autre est caillassée. Mais ce sont des cas isolés, déjà trop éloignés de la mi-octobre, seulement quelques braises qui finissent de s’éteindre plutôt que des craquements annonçant la reprise du feu.  
 

Du côté des informateurs, l’unanimité se fait sur l’explication communautariste de ce qui a lieu. Sur la base du déclenchement des affrontements qui est effectivement lié à un différend entre religieux, toute la suite est considérée de ce point de vue.

Ceci dit, il se partage en deux tendances différentes. Les partisans de la première tendance, qui font le plus de bruit avec comme conséquence probable d’influer sur le déroulement des faits, se contentent de valider ce nouvel épisode d’affrontements communautaires ancestraux et destinés à se répéter pour l’éternité. Ces informateurs-là, en majorité indiens (sur les 32 articles recueillis entre le 14 et le 31 octobre, sans prendre en compte le rapport de Seejhi Duniya publié par Countercurrents, seulement 5 sont publiés par des médias hors de l'Inde), ne donnent que très peu de détails sur ces affrontements. Pour l’essentiel, ce sont aux réactions concurrentes des gestionnaires qu’ils consacrent leurs commentaires.

Dès les premiers jours, un personnage est placé au centre, dont la mise en cause va servir à alimenter cette chronique sur la responsabilité des « émeutes », qui obéit au principe d’exclure a priori de cette responsabilité la masse de leurs acteurs anonymes. S’ils ont agi, ils n’ont pu qu’être entraînés, subjugués par tel ou tel leader ; d’emblée toute passion et toute volonté propres leur sont ôtées. Ce personnage central se nomme Mukhtar Ansari. Il est à la fois défini comme criminel (« mafia don ») et politicien opportuniste (« The general perception of the common man is that Mukhtar Ansari is a brutal murderer and extortionist. (...) One of Mukhtar Ansari’s characteristics is that he has almost always been allied with the ruling party in UP. Currently he is a Samajwadi party (SP) supporter. During the last, BSP, regime he supported the BSP government. »). Au moment des faits d’octobre 2005 à Mau, c’est donc le Samajwadi party qui gouverne en Uttar Pradesh. Présent à Mau le 13 octobre, Mukhtar Ansari est accusé d’agitation par des concurrents politiques et responsables locaux, avec le soutien de médias falsificateurs (le son d’un extrait vidéo est supprimé avant diffusion : alors qu’on y entendait Ansari parcourant les rues tenter d’apaiser la colère des émeutiers – dont certains lui répondent à coups de pierres – les images seules passent pour celles d’un meneur provocateur en action). Sans doute davantage fabriquée par des flics, une plainte est enregistrée contre lui et rendue publique, malgré les dénégations qu’il parvient à faire entendre de sa clandestinité, puis il est recherché jusqu’à se rendre le 25 octobre. On ne connaît pas la suite de son sort, mais la publicité à charge faite autour de lui a permis de beaucoup parler pour ne rien dire, et d’éclipser l’ampleur possible de la colère des pauvres de Mau (seuls les rédacteurs des rapports Saajhi Dunyia dénoncent l’importance fallacieuse donnée à ce personnage). Sur le même registre de la désignation de responsables comploteurs, des plaintes sont aussi enregistrées contre un élu BJP et 8 « others ». D’un autre côté, des membres du BJP, un responsable du Parti du congrès, s’en prennent au gouvernement en place. Concurrents politiques, tantôt ils évoquent une « conspiration », tantôt ils insistent sur le manque suspect de réactivité de la part des flics les premiers jours. Ce constat-là revient à plusieurs reprises, ceux de Saajhi Dunyia le partagent : « Though such an administration may be good for other things, these officers were not equipped to tackle communal riots in a professional manner. That is why the riots continued. Mau remained besieged by unrestrained violence for more than 72 hours. A total lack of will on the part of the state was clearly visible here. » Plusieurs responsables sont d’ailleurs suspendus. Mais à ce sujet, aucun commentateur ne conclue de l’inaction des flics que le déferlement des émeutiers a d’abord tout renversé sur son passage, comme le montre la description détaillée qui précède. Incapables de se placer de ce point de vue, tous ces commentateurs, tous ces spectateurs extérieurs voient leurs fonctions plus ou moins directement mises en cause par ce débordement, par le surgissement d’une situation inattendue qui ne leur doit rien en définitive. 
 
Viennent ensuite les rapports de Saajhi Dunyia, et celui publié par The Milli Gazette à la fin du mois de novembre, qui présentent cet avantage d’une certaine prise de recul, avec comme résultats une présentation des faits au moins plus sûre que les comptes-rendus sommaires et simplistes parus par ailleurs. Saajhi Dunyia est une ONG basée à Lucknow. Le 20, puis les 30 et 31 octobre, des « équipes » se déplacent jusqu’à Mau pour enquêter, interroger des témoins, consulter la presse et des responsables locaux ; leurs membres (militant social/professeur/journaliste) rédigent deux rapports, dont le second plus ample que le premier (présentation générale sur Mau ; antécédents communautaires ; circonstances des émeutes d’octobre ; description des émeutes ; bilans ; rôle d’Ansari, de la police et de l’administration, des hindouistes, des médias, des « forces politiques » ; comportements particuliers au moment des émeutes présentés comme « example of humanity » ; conclusions). The Milli Gazette est un bimensuel musulman (« Indian's Muslims' Leading English Newspaper », avec le projet de « [speak] for the whole Ummah and not just for the Indian muslim community which is a very important member of the world muslim community »), fondé en 2000, dont on peut qualifier, au vu des articles sur Mau dont ce rapport de fin novembre, les positions de modérées. Si l’appartenance idéologique ou partisane est clairement affichée, elle ne signifie pas une attitude sectaire ou agressive, au contraire de celle des organisations hindouistes telles l’Hindu yuva vahini. Dans les articles parus début novembre, les rédacteurs de The Milli Gazette se réfèrent aux rapports de Saajhi Dunyia.
 
Ces trois rapports dessinent la deuxième tendance quant à l’appréhension des « émeutes de Mau ». Leurs auteurs ne réfutent pas la division communautaire. Si ceux de Saajhi Dunyia expliquent que « dividing the statistics of loot and murder on the basis of religion is inhuman », ils y procèdent tout de même, dans le but de prouver la fausseté des discours du BJP et autres hindouistes, qui se sont emparés des événements pour les représenter en pogroms anti-hindous, comme première phase d’une espèce de nettoyage ethnique dans cette région de l’Uttar Pradesh – malgré l'absence de toute autre information le confirmant, ils annoncent à l’appui de leur thèse 200 personnes massacrées, 50 femmes « molested », toutes hindoues, tandis que les destructions auraient exclusivement porté contre les propriétés de cette communauté. Sur la base d’enquêtes approfondies, ceux de Saajhi Dunyia et The Milli Gazette démontent cette vision fantaisiste, fantasmée, pour prouver au contraire que la majorité des propriétés pillées et brûlées appartenaient à des musulmans – si on revient au descriptif qui précède, volontairement expurgé de ces qualifications, les premiers commerces détruits seraient plutôt « hindous », et quasiment tout le reste « musulman ». De façon plus crédible que les désignations de responsabilités déjà évoquées, ces rapports établissent le rôle joué par les militants hindouistes, en particulier le vendredi 14, tels ceux de l'Hindu yuva vahini conduits par Yogi Adityanath (« During the past decade, Yogi Adityanath has made this entire area, especially the area known as Gorakhpur under British rule, his laboratory. »). Comme l’indiquent les rapports, il est surtout question ici du déclencheur, du commencement, dont on peut sans doute valider qu’ils ont été placés sous l’influence de tels provocateurs. Mais pour l’ensemble de ce qui a lieu ensuite, les actes négatifs, les attaques contre les commerces et autres cibles, il serait bien abusif de leur en attribuer toute la volonté et le contrôle, quoiqu’il se puisse qu’en tel endroit ce soient des groupes de personnes réunies en tant qu’hindous qui ont agi, de même que des musulmans en tel autre, et qu’ils se sont aussi opposés entre eux (à ce sujet les nombres de morts et de blessés sont difficiles à lire ; officiels ou officieux, ils paraissent assez faibles pour soutenir qu’il s’est agi principalement d’affrontements communautaires, au vu de la série d’attaques et de pillages décrite plus haut ; néanmoins ils tendent aussi à prouver que de tels affrontements entre personnes ont eu lieu, au moins 6 morts semblent pouvoir y être rattachés ; quasiment aucune opposition avec des flics n’est signalée, si ce n’est un mort sous leurs balles, et deux autres tués par des gardes lors de l’attaque de la gare).
 
 
Tout ceci pris en considération, il reste tout de même de la place pour proposer une autre lecture de ces « émeutes de Mau ». Quels que soient ceux qui ont déjà pris la parole, tous s’accordent pour confirmer le caractère essentiel de la division communautaire, cause et enjeu des émeutes. Il y a ceux qui la consacrent a priori et de façon systématique ; ceux qui en jouent au profit de leurs intérêts propres ; ceux qui s’agitent pour la domination d’une communauté en particulier ; ceux qui militent pour une égale et pacificatrice reconnaissance de toute communauté. En dépit de cette belle unanimité, un autre point de vue peut lui être opposé, qui refuse le caractère primordial accordé à cette division communautaire, et à toute division de ce genre, pour ce qui concerne les faits relatés ici, et de façon générale. Sans nier que de tels facteurs puissent avoir une certaine influence – et dans le cas des « émeutes de Mau » plus qu’ailleurs, davantage par exemple qu’à Veraval en juillet 2004– cela n’oblige en rien à considérer qu’ils déterminent essentiellement le sens de ce qui a lieu, même si visiblement ça paraît si évident. Si on manque de connaître les motivations des acteurs, qui s’en expliqueraient eux-mêmes, on se figure assez bien quels ont été leurs actes.  A la faveur d’une dispute d’abord religieuse, un ensemble conséquent de personnes a pris possession des rues, et il a dévasté le décor habituel de son existence. Un grand nombre de fabriques, magasins, métiers à tisser a été saccagé. On devrait savoir que ces choses appartiennent à des musulmans en majorité : ceux qui ont enquêté au plus près des faits en concluent donc que ce sont les musulmans qui ont été visés. Si cette explication est plausible, elle peut aussi être contredite. Car, au-delà du préjudice subi par leurs propriétaires quelles que soient leurs étiquettes, ce sont ces choses mêmes qui ont commencé d’être supprimées, et cela n’est plus explicable par l’imposition des commodes motivations identitaires.



Première rédaction en décembre 2005, révisé pour publication en mai 2007


Documents utilisés :

05-10-14 ou 15 - The Statesman -- Mau violence claims 3, curfew clamped
05-10-15 - Aljazeera -- Hindus, Muslims clash in north India
05-10-16 - Hindustan Times -- Mau toll 7 as violence spreads to rural areas
05-10-17 - Arab News -- Red Alert in Eastern UP Districts
05-10-17 - Hindustan Times -- Mulayam orders probe into Mau riots
05-10-17 - Manorama -- Mau violence toll rises to seven, 180 arrested
05-10-17 - Webindia123 -- CM terms Mau riots blot on govt; rules out Army deployment
05-10-18 - Deccan Herald -- Uneasy calm in Mau, panel to probe rioting
05-10-18 - The Asian Age -- Violence spreads in Mau, two more are killed
05-10-18 - Khaleej Times -- Five officials suspended over communal riots
05-10-18 - Webindia123 -- Controversial bureaucrat to probe Uttar Pradesh riot
05-10-19 - Gulf News -- Legislator's arrest ordered over riots
05-10-19 - Newkerala -- Mau peaceful, Mukhtar still at large
05-10-19 - Newkerala -- Mau riots accused legislator denies guilt
05-10-19 - Newkerala -- Tense Mau still under curfew
05-10-19 - Outlook India -- Curfew relaxed in Mau, 500 rounded up
05-10-19 - The Hindu -- NCM team to visit riot-hit Mau
05-10-20 - Dawn -- Police out to arrest MLA for Mau riots
05-10-20 - The Statesman -- Mau coming to terms, slowly
05-10-20 - Webindia123 -- Guv's proposed visit to Mau puts distric admin in tizzy
05-10-21 - Hindustan Times -- Four held in Mau, curfew relaxed for women
05-10-21 - Outlook India -- Mau generally quiet, curfew on
05-10-23 - NDTV -- Mau police launch hunt for Ansari
05-10-23 - The Tribune -- BSF flag march in Mau, hunt on for Ansari
05-10-23 - Webindia123 -- Uttar Pradesh Principal Secretary to visit riot-hit Mau to assess situation
05-10-24 - Webindia123 -- Curfew relaxed in Mau for first time
05-10-25 - Mid Day -- Mau riots MLA Mukhtar Ansari surrenders
05-10-25 - The News -- Embers of Mau riots burn in Lucknow
05-10-26 - Webindia123 -- Normalcy returning in Mau, curfew might be relaxed for Diwali, Eid
05-10-28 - Hindustan Times -- Riot-hit Mau returning to normalcy; curfew relaxed
05-10-29 - Countercurrents -- Communal Riot in Mau: A Report
05-10-31 - Webindia123 -- Day curfew relaxed in Mau town
05-11-03 - The Milli Gazette -- Mau riot: 'total administration failure'
05-11-03 - The Milli Gazette -- Politicians exploit Mau riots
05-11-03 - The Milly Gazette -- Riot After Riot
05-11-04 - The Times of India -- Tight security arrangements in Mau
05-11-05 - Mid Day -- Mau limping back to normal
05-11-10 - The Hindu -- Stray incidents of violence in riot-torn Mau
05-11-12 - The Times of India -- Situation in Mau improves, curfew lifted
05-11-13 - The Times of India -- Mosque set ablaze in Mau, sparks tension
05-11-14 - Webindia123 -- BJP to bring out magazine on Mau riots
05-11-15 – Rediff.com -- Tension in Mau, night curfew continues
05-11-17 - Webindia123 -- Curfew in Mau lifted after a month
05-11-20 - The Hindu -- Mau riots  report criticises civil society's role
05-11-27 - The Milli Gazette -- Subhashini's report on Mau riots
05-11 - Saajhi Duniya -- An Exclusive Citizens Report



    Octobre 2005 à Mau (Inde)

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