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Du 1er au 3 août 2005 au Soudan



Le Soudan n’apparaît que depuis peu au nombre des Etats touchés par la révolte moderne. La guerre entre le Nord et le Sud, typique des conflits post-coloniaux, qui a commencé peu après l’indépendance de l’Etat soudanais au milieu des années cinquante, en plus d’être un excellent moyen préventif contre toute sédition collective, remplit à elle seule la petite case réservée au Soudan dans l’information mondiale[1]. Aujourd’hui la fin progressive de cette guerre s’accompagne de l’expression pratique de l’insatisfaction des habitants du pays, et cette expression commence à parvenir au reste du monde, pour qui s’y intéresse. A la fin du mois de janvier 2005, la mise en place d’accords de paix entre les rebelles du Sud et le gouvernement a donné lieu à ce qui semble être une émeute moderne à Port-Soudan dans l’Est (Le 29 janvier 2005 à Port-Soudan). Quelques mois plus tard, une révolte contre les flics éclatait dans un camp de réfugiés au sud de Khartoum, démontrant comment les conséquences de la guerre, ici l’exode massif, peuvent se retourner contre ceux qui l’ont imposée (Le 18 mai 2005 au camp de réfugiés de Soba Aradi). Ces éclats de révolte, ces moments d’insoumission, se produisent depuis que les gestionnaires soudanais ont entamé un processus régulier de pacification avec leurs homologues du Sud, tandis qu’ils concentrent davantage leurs forces sur le front ouest, au Darfour. Les accords passés en janvier entre le MPLS (Mouvement pour la libération du peuple soudanais) et le pouvoir central ont abouti à la mise en place de projets politiques correspondants aux revendications de la rébellion sudiste. Début juillet, la nomination du chef « historique » du MPLS, le vieux John Garang, au poste de vice-président du Soudan, a permis au chef de l’Etat, le vieux Omar el-Beshir, de prouver sa bonne volonté à mettre un terme au conflit suite aux multiples remontrances occidentales. Si les réponses aux revendications des rebelles sudistes ne sont encore qu’à l’état de promesses, toute la portée symbolique de la conciliation est contenue dans cette désignation.

Alors, le 1er août 2005, lorsque el-Beshir annonce officiellement la mort de Garang dans le crash soi-disant accidentel de l’hélicoptère qui le ramenait d’Ouganda, la certitude du meurtre est immédiate pour une partie des pauvres du pays. Dans la capitale, ce sont des milliers de manifestants qui déferlent dans les rues aux cris de « murderers ! murderers ! », pour certains armés de barres de fer et de couteaux, pour d’autres, sûrement moins nombreux, d’armes à feu. Ils saccagent et incendient voitures et commerces, s’adonnent également au pillage. Rapidement ils sont confrontés aux forces anti-émeute qu’ils arrosent de pierres. Les affrontements ont lieu dans le centre et dans plusieurs quartiers. Les émeutiers, apparemment très nombreux, agissent par petits groupes, non comme un seul bloc. Sous les fumées des boutiques en feu et au milieu des crépitements des kalachnikovs, ils détruisent ce qui leur tombe sous la main, en l’occurrence véhicules et magasins. Si des voitures gouvernementales sont saccagées, c’est parmi le reste, non comme une cible privilégiée, le quartier des bâtiments gouvernementaux est d’ailleurs épargné. Dans bon nombre d’articles, voire dans leur quasi-totalité, les émeutiers sont décrits comme originaires du Sud, ou partisans de Garang, ce qui sous la plume des informateurs a valeur de synonymie, et, effectivement, la nature du déclencheur, la forme que prend une partie des actes émeutiers et le contexte corroborent dans une certaine mesure cette identification des révoltés.

Le contexte consiste en la présence à la périphérie de la capitale de plusieurs millions d’exilés chassés du Sud par la guerre. Plus précisément par l’une de ses phases tactiques consistant en la persécution et le massacre des civils, ce principalement par l’armée gouvernementale ou les milices avec lesquelles elle collabore. Enraciné dans ce conflit préexistant, le déclencheur met certainement en mouvement, dans un premier temps, une catégorie des pauvres divisés préalablement au quotidien. La tournure des événements eux-mêmes, rapportés comme une descente de ceux du Sud sur Khartoum la nordiste, ne se résume pas en effet à des attaques de la marchandise et des flics. Sans que l’on sache exactement dans quelle proportion, des pauvres et leurs habitations sont pris pour cibles et caillassés, selon les informateurs parce qu’ils représentent par leur couleur de peau la frange arabe de la population. Pour autant ce type d’actes ne paraît pas s’être généralisé ni avoir pu constitué les principaux agissements des émeutiers de ce premier jour. Dans le déchaînement de la colère, des pauvres ont été attaqués, mais certainement parce que tout autant que les voitures et les commerces, ils représentent un élément de l’ordre en tant que majorité passive que l’Etat a érigée en modèle religieux et linguistique du peuple soudanais. Au cœur de la capitale, lieu de la cohabitation quotidienne des multiples divisions imposées à l’échelle du pays, l’émeute telle qu’elle se produit alors dépasse allègrement sa possible interprétation raciale ou religieuse. Certains observateurs sont d’ailleurs obligés de reconnaître l’hétérogénéité des fauteurs de troubles, de leur point de vue porteur d’autres divisions arbitraires : « Des manifestants sudistes, auxquels des pillards ont emboîté le pas, avaient envahi Khartoum, refusant d'admettre que leur leader, ex-rebelle devenu le numéro 2 du régime, était mort de manière accidentelle dans la chute d'un hélicoptère le transportant d'Ouganda. » (Dépêche AFP du 2 août à 17 h 31, c’est nous qui soulignons).

Khartoum n’est pas la seule ville touchée lors de cette première journée d’émeute. Avec une immédiateté similaire, les villes du sud, Malakal et Juba, s’enflamment également. Juba est la principale ville méridionale, elle est considérée comme la capitale administrative de cette région « insurgée ». Là les articles relevés insistent davantage sur l’orientation anti-arabe des actes émeutiers. Les destructions se portent aussi contre les devantures des commerces et contre les véhicules, mais l’accent est mis dans le compte-rendu des faits sur le saccage des propriétés de la minorité arabe ressortissante du Nord. A première vue plausible, le caractère anti-arabe ou anti-nordiste, ou anti-musulmans, de l’émeute nécessite d’être nuancé par le fait que, bien qu’étant très minoritaires, les Arabes musulmans sont les principaux gérants et propriétaires des commerces de la ville, comme seul le révèle l’article du Guardian du 3 août. Simplement par ce qui l’a libérée ou provoquée, la colère ne peut pas de toutes façons être circonscrite à la seule opposition Nord-Sud, Arabes-Noirs. L’Etat soudanais est désigné coupable d’un énième forfait, celui-là dépassant tous les autres. D’autant que la ville de Port-Soudan située au nord-est est également mentionnée comme le théâtre d’affrontements et de destructions. D’autres localités du pays apparaissent ainsi sans que les actes des gueux soient décrits avec précision. Pour tous les lieux d’émeute, le déroulement des affrontements et les acteurs en présence restent relativement obscurs, on sait qu’il se produit des rixes importantes avec les flics et des agressions de passants, mais la confrontation entre humains ne donne pas lieu à des développements importants dans la représentation médiatique. Or le bilan de cette première journée laisse penser que les affrontements ont été très intenses. Il y aurait 42 morts à Khartoum dont des flics, 36 dans le sud du pays dont des flics, et des centaines de blessés. La mention de flics dans le décompte des morts démontre que la violence ne s’est pas portée qu’accessoirement contre eux au milieu d’un pogrom anti-arabes, il semble qu’ils aient été au contraire directement pris pour cibles pour ce qu’ils sont.

Le lundi matin avant que tout n’explose, lorsque el-Beshir annonce la mort de Garang, le corps de ce dernier est déjà froid depuis le samedi soir, date à laquelle son hélicoptère s’est écrasé dans les montagnes sud-soudanaises. Dans la crainte de la réaction des pauvres qu’ils encadrent, les gouvernants soudanais ont pris un peu plus d’une journée pour réfléchir et mettre en place les moyens de la parer. Le ministre de l’information assurait même le dimanche soir que, contrairement aux rumeurs, l’appareil avait atterri sans problème et était « en lieu sûr ». Lors de son discours télévisé, après avoir présenté ses condoléances « au peuple soudanais », el-Beshir annonce trois jours de deuil national. Il assure que le processus de paix, loin d’être remis en cause, n’en est que renforcé. De leur côté, les cadres du MPLS procèdent au remplacement de Garang par son bras droit, Salva Kiir Mayardit. Il n’y a apparemment aucune polémique sur les causes du crash, d’après les informations dont on dispose, aucun politicien ne conteste publiquement la version officielle de l’accident. Les groupes rebelles n’appellent pas à des manifestations et n’émettent même aucun doute sur les circonstances de la mort de leur chef. Il est d’ailleurs fort possible qu’il s’agisse réellement d’un accident, l’hélicoptère s’étant écrasé dans une zone tenue par le MPLS. Toujours est-il que les gestionnaires et leurs concurrents affichent une réelle unanimité au moment de l’annonce de la mort de Garang, qu’ils vont conserver ensuite vis-à-vis de la révolte qu’elle déclenche. De concert, MPLS et parti au pouvoir appellent au calme. Alors, si comme le proclament certains observateurs, les émeutes sont « déclenchées » par des partisans de Garang, ce n’est pas en tout cas par les tenants de la ligne officielle du parti rebelle qui les condamne. Hors du Soudan, c’est toute la coalition internationale des gestionnaires qui implore que les gueux retrouvent leur sang froid et leur soumission habituelle, officiellement pour ne pas remettre en cause les sacro-saints accords de paix (« Des appels lancés par des dirigeants africains, des chefs d’Etat extérieurs au continent, l’Union africaine, les Nations Unies, (…) Avec un seul et unique but : poursuivre le processus de paix, commencé le 9 janvier dernier avec la signature d’un accord historique. La paix. C’est un vœu que Rebecca Garang, la femme du défunt a aussi émis, assurant que la “vision de son mari époux devait rester vivante’’ »). De son côté, l’Etat déclare l’état d’urgence, instaure un couvre-feu et procède à la fermeture des voies d’accès à la capitale. Ces mesures paraissent permettre un certain retour au calme dès la tombée de la nuit du lundi au mardi.

Des affrontements reprennent le 2 août. A Khartoum, ils se sont déplacés dans les banlieues sud où ils sont rapportés comme opposant « des habitants du nord à des partisans du sud » (article d’Afrik.net du 2 août intitulé « Mort de John Garang : les émeutes font 80 morts »). A première vue, plus véritablement d’émeute, il s’agirait davantage d’actions de représailles menées par des groupes « arabes » contre des ressortissants du Sud. Les faits, distordus la veille par les observateurs qui en sont les ennemis, semblent s’accorder maintenant avec cette remise dans leur contexte anti-historique. Ne sont du moins rapportés que ceux qui correspondent dorénavant à ce contexte. Les quartiers périphériques de Kalakla et de Mamoura sont le théâtre de ce qui ne paraît plus qu’être des affrontements entre pauvres, que les flics ne font plus que survoler en hélicoptère. William Ezéchiel, le rédacteur en chef du journal soudanais Khartoum Monitor, apparemment pro-sudiste, fait mention d’un grand nombre de « sudistes » tués lors de ces combats (47 à Mamoura, 15 à Kalakla), notamment dans la nuit du mardi au mercredi. A Kalakla, un imam local serait tué par des « sudistes » et sa mort suivie de représailles menées par des groupes de dizaines de musulmans armés aux cris de « god is great ! god is great ! ». Les appels à la violence contre ceux du Sud seraient lancés à partir des mosquées et relayés par des mégaphones. Alors que le centre de la capitale a retrouvé le calme, plusieurs quartiers périphériques connaissent ainsi une forme de continuation de l’émeute, qui en semble plutôt le début de sa répression par d’autres mains que celles de l’Etat. Cette évolution du premier au deuxième jour est tellement flagrante qu’au moins un des articles recueillis la relève clairement : « On Tuesday, the violence turned ethnic and sectarian, with both northerners and southerners staging attacks. » (dépêche AP du 3 août), tout en faisant remarquer le caractère exceptionnel de tels affrontements entre civils près de la capitale : « Violence between the communities has been uncommon, even during the 21-year civil war between Garang's rebels and the Khartoum government, which is dominated by Muslim Arabs. »

A Juba, après la journée du lundi, de nombreux Arabes prennent la fuite, se déplaçant en masse vers l’aéroport où ils trouvent refuge. Des troubles se poursuivent sans que l’on sache exactement sous quelle forme. Il paraît peu probable ici que s’amorce une répression entre pauvres, du moins à partir de la division principale Arabes-Noirs, les premiers semblant très minoritaires dans cette zone. 

A l’issue de cette deuxième phase de l’événement et du grand nombre de victimes qu’elle occasionne (une centaine), le retour à la normale s’opère à partir du jeudi 4. La répression étatique post-émeute s’abat, des milliers de personnes sont arrêtées, pour la plupart des « sudistes » qui viennent rejoindre ceux emprisonnés pendant l’émeute. Les milices arabes ne paraissent pas visées par la vague d’arrestations. L’Etat ne s’y trompe pas, ce sont bien les faits du lundi et ceux qui sont soupçonnés d’en être les auteurs qu’il punit : « Les condamnés ont été reconnus coupables de troubles à l'ordre public, rassemblement illégal, ou encore pillages et destructions de biens publics ou privés… ».

Dans l’information, les obsèques de Garang, le 6 août, remplacent le compte-rendu des troubles sans qu’il soit fait état d’un regain de tension à leur occasion.

La représentation du premier jour d’émeute comme étant exclusivement l’œuvre de pauvres du Sud a vraisemblablement eu un tel impact, créé un tel vent de panique chez ceux qui se sont crus menacés par la révolte, en tant que pauvres « arabes du Nord », que le deuxième et le troisième jours, durant lesquels des destructions et des combats continuent, elle s’est retrouvée comme confirmée en juste interprétation de ce qui a eu lieu le 1er août. Et son imposition a agi en tant qu’arme principale de la répression, en recouvrant le possible sens initial de l’émeute, puis en permettant l’application de la terreur nécessaire à éteindre la portée subversive des premières destructions menées contre la marchandise et contre l’Etat.



Première rédaction en décembre 2005, révisé pour publication en septembre 2007



1. Depuis que ce compte-rendu a été rédigé, les massacres commis au Darfour ont remplacé l’opposition Nord-Sud dans la médiatisation du Soudan à l’échelle du monde.


Documents utilisés :

05-08-01 - Clarín -- Caos en Sudán por la muerte del vicepresidente
05-08-01 - New York Times -- Turns Violent After a Leader Dies
05-08-01 - Reuters Yahoo! Actualités -- Emeutes à Khartoum après la mort de l'ex-rebelle
05-08-01 - AP Yahoo! Actualités -- Emeutes à Khartoum après la mort de John Garang
05-08-01 - Kuna site -- Twelve killed as southern Sudanese riot in Khartoum
05-08-01 - Las Vegas SUN -- Riots Follow Death of Former Sudan Leader
05-08-01 - Middle-East-online -- Juba and Khartoum rocked by riots, looting
05-08-01 - RedNova News -- Riot in Khartoum after Garang death
05-08-01 - SABCnews -- Sudanese riot in capital, 24 dead
05-08-02 - Reuters Yahoo! Actualités -- Nouveaux affrontements signalés près de Khartoum
05-08-02 - AP Yahoo! Actualités -- Nouvelles violences à Khartoum après la mort de John Garang
05-08-02 - ABC News -- US sends envoys to quell violence in Sudan
05-08-02 - Afrik.net -- Mort de John Garang  les émeutes font 80 morts
05-08-02 - L'Humanité -- Marc Lavergne  « On a voulu forcer les deux acteurs à faire la paix »
05-08-02 - Las Vegas SUN -- Violent Mobs Surge Through Sudan Capital
05-08-02 - Le Monde -- Emeutes meurtrières à Khartoum après l'annonce de la mort de John Garang
05-08-02 - Le Patriote -- Le vice-président John Garang De Mabior trouve la mort
05-08-02 - Libération -- Emeutes à Khartoum et dans le Sud
05-08-02 - Swissinfo -- Sigue la violencia en la capital de Sudán tras muerte de Garang
05-08-02 - Swissinfo -- Sudanese mourn Garang, world urges calm
05-08-03 - Aljazeera -- UN 20 killed in Khartoum overnight
05-08-03 - AP -- North, South Sudan continue to clash
05-08-03 - Aujourd'hui Le Maroc – Soudan : Violence inouie
05-08-03 - BBC -- Sudán buscan calmar las aguas
05-08-03 - BBC News -- Sudan's reprisal attacks worsen
05-08-03 - The Guardian -- Sudanese Arabs Flee After Riots Kill 18
05-08-03 - Reuters Yahoo! Actualités -- Vingt morts dans de nouvelles émeutes à Khartoum
05-08-03 - The Daily Telegraph -- Sudan riot death toll hits 46
05-08-04 - ABC.es -- Los disturbios en Sudán, tras la muerte de Garang, causan 84 muertos
05-08-04 - AP Yahoo! Actualités -- Violences au Soudan au moins 100 morts en trois jours
05-08-04 - DAWN -- 100 dead in Sudan violence
05-08-04 - Herald Sun -- Sudanese clash for third day
05-08-04 - News24 -- Sudan Suspected looters held
05-08-04 - People's Daily Online -- Riot situation in Khartoum under control police
05-08-04 - Reuters Yahoo! Actualités -- Le bilan des émeutes s'élève à 130 morts au Soudan
05-08-05 - El Periódico -- Encarceladas más de 500 personas por los disturbios en Sudán
05-08-05 - Gulf Daily News -- 130 killed in Sudan riots
05-08-05 - IOL -- Communities unite to mourn riot victims
05-08-05 - IRIN allAfrica_com -- Khartoum Calm After Days of Bloody Riots
05-08-05 - Libération -- Soudan  un remplaçant pour Garang
05-08-05 - ReliefWeb -- Khartoum life returns to normal after riot devastation
05-08-05 - Swissinfo -- Emeutes au Soudan plus de 500 condamnations
05-08-05 - The Casper Star-Tribune -- Juba, Sudan, smolders with anger
05-08-06 - AP Yahoo! Actualités -- Funérailles de John Garang à Juba
05-08-07 - Arab News -- Sudan Bans 2 Papers for Coverage of Riots
05-08-07 - KBC -- Sudan bids John Garang farewell
05-08-08 - News24 -- Sudan to probe deadly riots
05-08-11 - Bluewin Infos -- Soudan Kiir va prêter serment pour succéder à John Garang
05-08-13 - Swissinfo -- Ugandan journalist charged over Garang comments
05-08-16 - Arabic News -- Sudan ends curfew imposed after Garang's death
05-08-24 - AngolaPress -- Plus de 3.700 arrestations au Soudan après la mort de Garang
05-09-01 - IRINnews -- Coming to terms with Garang's death






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