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Agitations péruviennes entre mars et août 2007 (07-07-Perou)
Déjà en mars dans le département de San
Martín, aux environs de Tocache, puis de la mi-avril
jusqu’à début mai dans celui d’Huánuco
(où se situe la ville de Tingo María déjà
concernée par une situation similaire en 2004), des cocaleros
bloquent des routes, en conflit avec le gouvernement et contestant ses
projets d’éradication de leurs cultures (07-04-16-Perou),
ce qui donne lieu à quelques accrochages avec flics et soldats,
notamment le 16 avril et le 2 mai.
En juin, ce sont des mineurs en grève, de la mine de Casapalca
au centre du pays, située à environ 150 km à
l’est de Lima, qui bloquent la Carretera Central – en
réclamation de la réintégration de mineurs
virés et d’une augmentation des salaires (07-06-14-Perou).
Le 14 juin, ils s’affrontent aux flics venus pour les
déloger : il y a deux morts au moins (des informations plus
tardives en compteront 4), et 25 blessés, dont 19 flics
caillassés. S’il semblerait qu’un accord soit
trouvé le lendemain au sujet des revendications
déclarées, des blocages reprennent deux semaines plus
tard, avec cette fois la mort d’un flic, qui serait tué
d’une pierre lancée à la fronde.
Ce sont là les deux situations les plus notables dessinant une
agitation sociale multiforme qui rappelle, quoique plusieurs tons en
dessous, l’ambiance d’instabilité négative de
la période 2002-2004, et qui augmente encore au mois de juillet,
à l’occasion d’une grève nationale auxquels
se joignent plusieurs secteurs (paysans, mineurs, profs ; des appels
régionaux s’ajoutant au mot d’ordre national),
appelée « para protestar contra la política
económica del gobierno de García ». Quoiqu’on
retrouve là les réclamations typiques de la contestation
degauche encadrée en Amérique latine, avec des appels
à la démission du président élu en 2006,
plusieurs signes transparaissent d’une tension plus
prononcée sur le terrain. A Abancay (département
d’Apurímac), sans doute le 10 juillet, des affrontements
entre profs grévistes et flics donnent lieu à 17
arrestations, et à la mort d’une adolescente
officiellement tuée par la chute d’un rocher. Ce
même jour ou le lendemain à Satipo (Junín), une
personne est tuée et 8 blessées lors d’une
tentative de pillage contre un commerce, qui serait une armurerie dont
le propriétaire aurait tiré contre les assaillants. Le
mercredi 11 juillet, 5 000 personnes occupent les pistes de
l’aéroport de Juliaca (Puno), avec des saccages contre le
terminal, et des affrontements avec les flics qui reprendraient le
dessus en fin de journée. Des manifestations avec affrontements
sont signalées à Arequipa, Piura, Tarma, Trujillo
où des profs en grève tentent d’escracher le
président. Ce même mercredi, on marche également
dans les rues de la capitale, mais sans affrontements – tandis
qu’une mort de plus est annoncée, d’une prof qui y
aurait été frappée par les flics le vendredi
précédent. Le jeudi 12 juillet, tandis que les blocages
de routes sont maintenus en plusieurs points du pays, un millier de
manifestants investissent cette fois la gare ferroviaire de Juliaca,
où des wagons sont incendiés. Ce jour ou le lendemain
à Arequipa (Arequipa), un nouvel affrontement oppose
grévistes et flics, lorsque ces derniers interviennent contre un
blocage : deux d’entre eux sont blessés, et six
séquestrés en vue d’être
échangés contre des prisonniers des jours
précédents. Dans la région d’Apurímac
le 13 ou le 14, quelques 2 500 paysans assaillent un « mercado
» d’Andahuaylas, ils sont réprimés à
la lacrymogène, et deux d’entre eux arrêtés.
Le 16 au même endroit, un nouvel affrontement entre paysans et
flics fait un voire deux morts, et de 7 à plus de 10
blessés, dont 2 flics. Les protestataires, qui seraient des
milliers, s’en prennent à des camions de pompiers,
incendient deux bus, marchent sur la mairie protégée par
la flicaille. Le 17 juillet, on apprend que les grévistes de
cette région, de même que ceux d’Arequipa, annoncent
une trêve en vue de négociations avec l’Etat ; ce
qui paraît clore, comme à l’échelle du pays,
ces quelques jours d’agitations.
Enfin, le 15 août, un tremblement de terre secoue fortement la
région côtière du sud de la capitale (pour
près de 500 morts, et d’un à deux milliers de
blessés). Les principales villes touchées sont Pisco,
Ica, Chincha (où des centaines de détenus
s’échappent d’une prison). Sans qu’on
n’en connaisse guère de détails, sinon qu’ils
nécessitent un fort déploiement sécuritaire, des
pillages ont lieu les jours suivants, possiblement jusqu’au 19 ou
au 20, contre les camions d’aides, des commerces et des maisons
(07-08-15-Perou).
Avril 2009
Descriptif des agitations péruviennes entre mars et août 2007